PLAIDOYER POUR DES NON-ÉVÉNEMENTS : UNE RÉFLEXION SUR LE CENTRE D’ART WAZA

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Patrick Mudekereza (Waza, Centre d’art de Lubumbashi, République Démocratique du Congo)

Published Feb 11, 2019

Abstract




Lorsque je parle du travail du centre d’art Waza en dehors du Congo, vient souvent une série de questions auxquelles je peine à répondre : quel moment est le plus propice pour venir vous rendre visite ? Avez-vous un festival ou quelque chose de la sorte ? La réponse induite dans la deuxième partie porte à croire que l’organisation d’un événement crée un moment propice pour découvrir une ville et le travail d’une organisation. S’il est vrai que la plupart des biennales et des festivals d’art public mettent un point d’honneur à travailler leur ancrage dans la société, il est tout aussi vrai que la manière dont cette offre est «emballée» pour les visiteurs étrangers crée une distance, une sorte de bulle, qui leur impose une lecture «mondialisée» du contexte plutôt qu’une rencontre profonde et sincère avec ses acteurs. Si le centre d’art a été dans son ancienne forme et sous notre ancienne appellation, l’hôte de la deuxième et de la troisième édition de la Biennale de Lubumbashi en 2010 et 2013, sa quête de pertinence s’est tournée depuis vers d’autres préoccupations.


La réponse que j’ai envie de donner est celle de faire un plaidoyer pour un non-événement. Pas un événement qui part en vrille, qui ne répond pas aux attentes du public et de la presse, mais un non-événement minutieusement préparé en tant que tel, qui pose les bases d’une rencontre, ose être flexible, se crée avec ceux qui le vivent et se prolonge dans leur quotidien.





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